22 mars 2009
Etape : Environs Tarfaya-Laâyoune plage
Distance : 160 km
" Il y a des villes qui, sur la carte, suscitent tous les fantasmes. Lovée au coeur du désert, Laâyoune est l'une d'elles. Capitale d'un pays qui n'existe pas, la cité par son exotisme présumé fait travailler mon imagination depuis que j'ai entrepris, adolescent, de décortiquer la géographie africaine sur le grand planisphère affiché dans ma chambre.
Aujourd'hui, après une longue étape de plus de 150 km, nous sommes aux portes de la ville qui depuis une semaine nous attire comme un aimant. A un barrage, des policiers, fusils mitrailleurs en bandoulière, nous souhaitent la bienvenue et nous assaillent de questions sur notre périple. Décidément, le tandem dispose d'un capital sympathie débordant. Ce matin, ce sont des pompiers français en mission humanitaire qui se sont arrêtés pour nous saluer et nous offrir un festin de boissons et de boîtes de conserve.
Laâyoune n'a rien de la ville alanguie et poussiéreuse que j'imaginais. La cité est moderne, tirée au cordeau et abrite essentiellement des casernements militaires. La plupart des passants sont vêtus à l'occidentale et les vitrines des magasins sont garnies d'articles high-tech. Le Maroc a fait des lieux le fer de lance de sa présence au Sahara occidental et ça se voit. La mission de l'ONU chargée d'encadrer un référendum sur l'avenir de la région a pris ses quartiers ici depuis 1991. Mais le vote est sans cesse repoussé. Nous profitons de cette bulle d'opulence au milieu du néant pour faire le plein de provisions. Pour nous, la traversée du désert est encore loin d'être terminée".
Olivier
