Des groupes qui avaient combattu le régime de Kadhafi recourent aujourd’hui aux armes pour le moindre conflit d’intérêt ou pour faire plier les nouvelles autorités.
Des affrontements armés ont éclaté hier soir à Benghazi entre des membres de la police militaire et une brigade de cette ville de l'Est libyen, après la mort d'un jeune à un point de contrôle à l'ouest de la ville. Vers minuit (22h 00 GMT) des combats étaient en cours autour du QG de la police militaire à Benghazi, selon un journaliste de l'AFP.
D’après un responsable de sécurité, un jeune membre d'une brigade de la ville a été tué par balle près du check point d'Al-Gawercha (ouest de la ville) tenu par la police militaire, ce qui a déclenché les hostilités. Les affrontements ont commencé autour de ce point de contrôle avant que la brigade n'attaque le QG de la police militaire dans le quartier d'Abouhdima où des tirs d'armes de différents calibres et des sirènes d'ambulances ont été entendus, selon le correspondant de l'AFP. Des sources des services de sécurité n'ont pas fait état dans l'immédiat de victimes ou de dégâts. Plus tôt dans la journée, des ex-rebelles avaient pris d'assaut l'aéroport de Tripoli, bloquant le trafic aérien, pour dénoncer le mystérieux «enlèvement» de leur chef, avant que les autorités ne parviennent à les chasser et à reprendre le contrôle de la situation. «Les autorités ont le contrôle total de l'aéroport», a déclaré aux journalistes à Tripoli le vice-ministre libyen de l'Intérieur, ajoutant que des dizaines d'assaillants avaient été arrêtés et leurs armes saisies. Ces violences interviennent au moment où le nouveau régime tente de convaincre la population et la communauté internationale de sa capacité à assurer la sécurité dans le pays à la veille des élections d'une constituante. Les autorités libyennes ont intégré dans les ministères de l'Intérieur et de la Défense plusieurs milliers d'ex-rebelles ayant combattu le régime de Mouammar Kadhafi, mais plusieurs brigades lourdement armées sont toujours récalcitrantes ou exigent d'être intégrées sans être dissoutes. Certaines d'entre elles n'hésitent pas à recourir aux armes pour le moindre conflit d'intérêt ou pour faire plier les autorités.
A noter par ailleurs qu’une rencontre au Caire entre un émissaire du chef du CNT et d'anciens responsables du régime du défunt Mouammar Kadhafi a provoqué une polémique et l'indignation de plusieurs personnalités libyennes. La rencontre a eu lieu le 27 mai dernier dans la capitale égyptienne dans le cadre d'une initiative de «réconciliation nationale» entre le dignitaire religieux Ali Sallabi, qui affirme être un émissaire du chef du CNT Moustapha Abdeljalil, et des personnalités de l'ancien régime, dont Ahmed Gaddaf Eddam, un cousin et ex-émissaire de Kadhafi.
Info-Soir, 05/06/2012
