La diplomatie marocaine suit avec un grand intérêt les développements des événements à l’Elysée. Le palais royal a, rappelons-le, misé sur la victoire de Nicolas Sarkozy et s’est même précipité à ouvrir les canaux du dialogue avec la gauche française. Le Maroc est allé jusqu’à publier un communiqué dans lequel il a justifié que la Secrétaire Générale du Parti Socialiste Français, Martine Aubry a été reçue, le mois de mars dernier, par le roi Mohammed VI à titre amical non officiel. Le communiqué était signé par le roi Mohamed VI lui-même.
Les craintes du Makhzen alaouite concernant la question du Sahara Occidentale se sont accentuées , suite aux changements effectués par le nouveau gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Ce dernier a exprimé, à maintes reprises, son soutien au Front Polisario et parlé d’occupation du Sahara occidental par le Maroc. Le palais royal marocain semble également gêné par l’influence du nouveau ministre des Affaires Etrangères Laurent Fabius sur la question.
De ce fait, on ne peut envisager que la France continue à soutenir le Maroc sur le dossier du Sahara occidental, en particulier suite à la détermination de François Hollande de parvenir à un équilibre dans la politique de Paris vis-à-vis du Maroc et de l’Algérie. Ce qui ne peut se concrétiser sur le terrain qu’en trouvant une solution équitable à la question du Sahara Occidental. François Hollande est déterminé à se réconcilier avec l’Algérie qui constitue un marché important pour la France à la lumière de la crise économique actuelle.
Cette réconciliation aura lieu au détriment du Maroc puisque le nouveau président français a défendu la cause des Sahraouis à maintes reprises dans le cadre de sa politique internationale en terme de Droits de l’Homme. Par ailleurs, dans une lettre qu’il a adressée le 31 mars 2011 à l’Association des amis de la République Arabe Sahraouie, le nouveau Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a qualifié d’ « occupation » la présence du Maroc dans le Sahara Occidental. De son côté, le ministre Français des affaires étrangères, Laurent Fabius atait un fervent opposant à la politique de Hassan II en terme de Droits de l’Homme.
